Mot du Président

Aller de l’avant…

Lansana Gagny SAKHO

L’avènement de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (Onas) à la tête du comité national de l’Association Africaine de l’Eau (AAE), est un challenge. Une belle occasion pour donner un souffle nouveau et prometteur à notre association commune. En effet, ce mandat nous rappelle surtout le rôle d’avant-garde mais aussi de mobilisation et de modernisation attendu de notre part, pour renforcer les capacités de nos sociétaires, proposer des services suffisants et de qualité à nos usagers et clients en vue de booster l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Avant nous et à tour de rôle, les autres membres, en l’occurrence la SONES et la SDE ont, chacun, joué le rôle qui leur était dévolu. Toutefois, le défi est autrement plus important pour ce qui nous concerne, à moins de deux ans de l’organisation par notre pays de cet énorme défi que constitue le Forum mondial de l’eau. Et, à un moment où secteur de l’Eau et de l’Assainissement du Sénégal conforte sa position parmi ses pairs en Afrique du sud du Sahara et du centre.

Nous sommes, en effet, crédités d’une position de leader dans notre domaine mais surtout nous disposons de l’expertise et de l’ambition d’aller de l’avant. Nos bonnes prédispositions et réalisations ne devraient cependant pas nous laisser nous complaire de nos acquis et de la place très enviée que nous occupons auprès des opérateurs du secteur dans la sous-région.

Assurément, nous sommes également regardés d’en haut par l’ensemble des associations professionnelles d'établissements, les entreprises et opérations exerçant dans le secteur de l'eau, de l'assainissement et de l'environnement en Afrique au sud du Sahara, du centre et de l’Est. Des régions où l’AAE compte plus d’une trentaine de pays actuellement membres actifs.

Toutes choses qui nous obligent en fait, à relever les défis, surtout celui de maintenir le cap et de continuer à mériter notre leadership.

Le Sénégal est, en effet, considéré dans la région comme une réussite pour ce qui est la réforme du secteur de l’Eau et de l’Assainissement. Du fait d’un cadre législatif et règlementaire en avance sur les autres, notre exemple est devenu un attrait pour les décideurs et opérateurs de l’Eau et de l’Assainissement en Afrique de l’ouest, de l’Est et du centre. Ses infrastructures et ouvrages ainsi que notre taux de couverture des services caracolent en tête de tous les pays de la sous-région.

Ainsi, notre management des services du secteur est souvent visité par des opérateurs publics et privés sur conseil des partenaires techniques et financiers à travers des missions de benchmarking et nos experts ont fini de conduire le mentoring de plusieurs opérateurs publics ou privés et des municipalités en Afrique. C’est le cas de la Sénégalaise des eau -Sde – qui a coaché la RDC et la république de Guinée dans l’exploitation des réseaux d’eau potable, et de l’ONAS qui a accompagné la mise en place de l’Office national de l’assainissement et du drainage (ONAD) de la Cote d’ivoire et a été le mentor, dans le cadre d’un programme dénommé RASOP, des villes de Yamoussoukro, de Bamako et de Yaoundé pour la mise en place systèmes innovants de gestion des boues de vidange.

En effet, en termes d’assainissement collectif comme en gestion de systèmes autonomes, l’ONAS est désormais une marre d’expériences et de compétences où viennent s’abreuver beaucoup de pays d’Afrique noire ; son expérience en matière de gestion et réalisation d’ouvrages et particulièrement en gestion des boues de vidange constitue des modèles d’inspiration pour plusieurs pays. Il en est ainsi de son programme innovant de structuration du marché des boues de vidange et l’évolution de son certificat ISO vers la nouvelle norme 9001 version 2015, fondée sur le management des risques.

Aussi dans un souci de donner un accent particulier à la capitalisation et à un renforcement de capacités en s’appuyant sur une veille technologique permanente, l’Onas est même en train de développer une consultance en interne, au profit des opérateurs et municipalités de l’Afrique au sud du Sahara à travers un apprentissage rémunéré par les pairs.

Dans le secteur de l’eau potable, les importants investissements intelligemment réalisés font de notre pays l’un des rares en Afrique à avoir atteint les OMD avec un taux d’accès qui est passé de 92% à 100% à Dakar et de 85% à 96% dans les centres urbains de l’intérieur en 2005. Et dire que les efforts se poursuivent du fait d’une réelle volonté politique de l’Etat qui s’est décidé à renforcer la couverture en eau potable des zones urbaines, l’accès en zone rurale et la qualité de service, à travers des stratégies à l’instar, entre autres, de la désalinisation de l’eau de mer, la densification du réseau et la délégation de l’exploitation du patrimoine d’hydraulique rurale dans tout le pays.

Sous ce rapport, un double challenge se dresse devant l’ONAS qui assure la présidence actuelle du comité Sénégal de l’AAE .

Cela pour, d’une part, renforcer les acquis significatifs obtenus dans le secteur grâce à une implication plus accrue du secteur privé dans la délivrance du service public et à une impulsion nouvelle d’une réflexion soutenue des spécialistes et de tous les sympathisants pour la réalisation des conditions du développement durable. Surtout que l'expérience a montré que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour les peuples africains, indigents en grande majorité, est un processus qui, pour se concrétiser, nécessite la contribution de chaque individu, la mise en mouvement des acteurs, personnes morales publiques comme privées, du secteur de l’eau et plus largement de l'opinion publique. D’autre part, il nous commande à accroître l'efficacité de l'action individuelle et collective à l’aide d’une analyse fine et prospective mais aussi à développer un esprit d’alerte et une générosité dans la formulation de propositions auxquelles chacun est appelé à contribuer.

Par ailleurs, j’invite également à développer les coopérations et les réseaux entre nos diverses structures, les individus, associations, collectifs et organisations qui œuvrent en faveur d’un accès universel et durable surtout de l’assainissement mais aussi de l’eau potable à tous les ménages.

Pour ce faire, en vue de créer les dynamiques utiles, nous avons fini de peaufiner un plan d’action à l’attention de tous les adhérents pour, entre autres :

  • faire adhérer de nouveaux membres pour élargir le comité Sénégal à d’autres acteurs du secteur de l’eau avec une mise en place d’une base de données ;
  • Remobiliser l’ensemble des membres selon leur statut ;
  • Tenir des rencontres de partage régulières ;
  • Susciter une réflexion et une sensibilisation portant sur une relecture d’appropriation des textes réglementaires de l’AAE ;
  • Réintégrer le Sénégal dans le comité directeur pour lui permettre de continuer à jouer son rôle stratégique,
  • Lancer un site web du comité national et l’animer
  • Augmenter le nombre de participants nationaux aux assises du Conseil du scientifique et technique (Cst) de l’AAE,
  • Organiser et animer au niveau local des réflexions sous la forme de panels, tables-rondes ou diner-débat sur les questions de l’heure concernant le sous- secteur de l’Eau et de l’Assainissement,
  • Proposer, dans l’agenda des sessions du Cst, à développer des thèmes portant sur des questions d’actualité liées à l’Eau et à l’Assainissement : sous la forme d’un partage.
  • Dérouler, en relation avec le réseau local des femmes de l’AAE et les jeunes professionnels de l’Eau et de l’Assainissement, des activité- phares de terrain, etc.

Plus que jamais, nos bonnes dispositions sont réitérées à tous les acteurs du secteur pour renforcer et consolider notre comité national pour travailler à élargir davantage et à améliorer la qualité de la desserte en assainissement et en eau potable, soulager les femmes et les enfants surtout dans leur cadre de vie, avec en sus des activités rémunératrices, entre autres.